Aucune espèce de primates n’est épargnée par l’expérimentation animale en France. Les macaques, premières victimes, sont pourtant classés en danger de disparition. Et babouins, vervets, microcèbes, lémuriens, ouistitis et singes-écureuils continuent eux aussi d’être expérimentés. Des milliers chaque année, nous nous battons pour eux.
Chaque année, plus de 2300 primates sont encore soumis à des expérimentations dans notre pays. Des années passées à subir manipulations et captivité, avec la mort pour unique issue. À lui seul, notre pays inflige honteusement des expériences à plus de la moitié des macaques déclarés dans toute l’Union européenne, sans aucune ambition nationale d’en sortir.
Pendant ce temps, dans les chaises de contention, ces animaux hautement sensibles endurent le pire.
Trésor, jeune ouistiti de 3 ans, est mort dans un laboratoire à Marseille alors que les expérimentateurs fixaient un implant dans son cerveau. Son frère Tsar avait été tué un an auparavant, à la fin de l’expérience. Hévéa et ses 3 bébés, Hanissa, Estragon et Filao, des lémuriens bruns, ne connaîtront jamais la liberté ni la forêt, forcés à se reproduire ou à subir mutilations et maladies.
Notre pays reste de très loin le plus grand utilisateur de primates non humains pour ses tests en Europe depuis plusieurs années. Cela ne peut plus durer.
Ces primates subissent aussi l’enfer des élevages, un quotidien de blessures et d’attaques d’autres captifs aussi apeurés, de reproductions à la chaîne ou d’épidémies. Comme Crisse, détenu dans l’élevage Silabe à Strasbourg comme « mâle reproducteur » : il n’ira jamais dans un laboratoire mais subira pourtant plus de vingt opérations chirurgicales en raison des violences que ce système cruel - et très lucratif - impose à ces êtres sensibles.
Pourtant les primates, capables d’une empathie supérieure à la nôtre, comprennent et retiennent tout ce qui leur est infligé. Le lobby de l’expérimentation animale le sait.
Ces pratiques, d'une cruauté indicible et cachée, sont en décalage avec les fulgurantes avancées scientifiques et technologiques, et à l’opposé des attentes de la société : 3 Français sur 4 demandent la fin de l’expérimentation sur les animaux. Ailleurs en Europe et à l’international, de plus en plus de pays se tournent vers l’avenir, innovent et misent sur le développement d’alternatives sans animaux.
En tant que citoyen·ne, je, soussigné·e, demande aux côtés de One Voice :
- la suspension de tout nouveau projet destiné à l'expérimentation sur les primates, élevages compris ;
- le lancement d’un moratoire sur l’utilisation de primates pour tous types d’expériences ;
- l’élaboration d’une stratégie nationale de fin progressive de l’expérimentation animale comprenant notamment une réorientation massive des financements publics vers les nouvelles approches méthodologiques sans animaux.
Ensemble, mettons fin au supplice des animaux dans les labos. Exigeons l'usage et le développement de méthodes alternatives pour une recherche éthique et en phase avec les innovations technologiques actuelles. Il est plus que temps.